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Nicolas Brulhart 

Projet

De l'esthétique critique de l'art conceptuel comme épistémologie des médias. 1965-1975: le "cinéma" des artistes conceptuels et l'émergence d'une pensée du dispositif. Direction : Prof. François Albera (UNIL).

Abstract :

Ce projet se définit à partir de l’ « épistémologie des dispositifs » et du moment de « l’art conceptuel » (1965-1975). Il ouvre deux axes de recherche complémentaires qui envisagent les liens entre une esthétique critique et l’idée d’une épistémologie des dispositifs. Le premier axe utilise la méthode de l’épistémologie des dispositifs comme méthode descriptive historique. Cette méthode s’appliquera à décrire une série de discours, d’objets et de pratiques regroupés dans la catégorie de l’art conceptuel. Il s’agira d’investir, par une recherche importante sur les documents d’archives, comment les dispositifs incluant des images animées s’intègrent dans un certain nombre d’expositions et de discours importants dans l’histoire du développement du paradigme d’un art conceptuel. Nous chercherons à comprendre comment ces objets sont « disposés » » dans l’espace d’exposition, en déterminant la part d’importance qu’a le curateur, l’artiste, ou le contexte dans les choix de ces installations. Aussi, il s’agira de comprendre comment se répartissent les catégories variées d’installation, de vidéo, de film de cinéma, de film d’artiste qui cohabitent alors au sein de ces expositions. Pour cela nous attacherons une importance particulière à l’analyse des discours des curateurs, des artistes et des critiques d‘art qui répartissent ces objets en catégories. Notre recherche se concentrera sur l’axe qui se crée entre New York et l’Europe du nord où s’organisent la majeur partie des expositions de l’art conceptuel. Nous nous concentrerons sur de grandes expositions comme la Documenta 5 de Kassel de 1972, la Biennale de Paris de Paris de 1971, mais aussi sur des figures de curateurs comme Lucy Lippard, Willoughby Sharp, Konrad Fischer, Gerry Schum qui font figure de pionnier dans le développement du paradigme de l’art conceptuel, et dans l’exposition de films et de vidéos d’artistes. Notre enquête se concentrera aussi sur le dépouillement de revues comme Artforum, Avalanche, Art in America, Art International, Parachute, Art & Language, Interfunktionnen, Kunst Bulletin, revues dans lesquelles émerge une série de discours sur la pratique des images animés par les artistes conceptuels. Il s’agira de comprendre comment les différents niveaux de discours s’articulent avec l’exposition concrète des dispositifs.

Ce projet ouvre un second axe réflexif sur le moment de l’élaboration théorique de la notion de « dispositif » dans la deuxième partie du XXe siècle. Les pratiques de l’art conceptuel peuvent elles-mêmes être comprises à partir de la méthode descriptive de l’épistémologie des dispositifs, non plus comme objets historiques à décrire, mais comme relevant elles-mêmes d’une pratique esthétique qui relèverait de l’épistémologie. L’art conceptuel peut être définie comme occupation diagrammatique de la sphère esthétique envisagée comme dispositif. Ce second axe doit permettre de nous retourner sur les conditions de possibilité d’émergence de notre propre discours, conditions dont l’art conceptuel est le contemporain.

Ce travail comporte donc un axe historique/descriptif qui se définit comme une approche de l’art conceptuel à l’aide de la méthode de l’épistémologie des dispositifs, et un axe critique/épistémologique qui envisage les liens qu’entretiennent la possibilité d’une esthétique critique et le discours de l’épistémologie des dispositifs audio-visuels.

Enfin ce travail se pense aussi comme une archéologie du contemporain. Il faut en effet concéder, depuis les années 1990, un regain d’intérêt pour les pratiques de l’art conceptuel qui est une nouvelle fois à mettre en relation avec des pratiques de « cinéma ». Il s’agira d’expliquer cette affinité contradictoire entre l’idée d’un «  art conceptuel », et les dispositifs intégrant des images animées au sein de l’espace d’exposition des arts visuels.


Curriculum Vitae :

Travail de mémoire défendu en mai 2009 sous la direction du Prof. François Bovier:

« La scène artistique new-yorkaise de 1965 à 1975 et l’émergence d’un « cinéma conceptuel » dans l’espace d’exposition des arts visuels. »